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Des documentaires au Learning Centre SophiaTech

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Longtemps « parent pauvre » du cinéma, et exclu des circuits traditionnels, le genre documentaire prend aujourd’hui un nouvel essor. Des films comme « Être et avoir » de Nicolas Philibert ;  « Le Glaneur et la Glaneuse » d’Agnès Varda ;  « Comment j’ai détesté les maths » d’Olivier Peyon ou encore « Demain » de Cyril Dion et Mélanie Laurent gagnent de plus en plus en esthétisme et remplissent les salles obscures.

Devons-nous le rappeler, le cinéma est né sous la forme du documentaire. Les frères Lumières montraient des scènes de la vie quotidienne.

L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat (1985)

 

En même temps que l’invention du cinéma s’inscrit dans cette volonté de capture objective du monde, les bibliothèques se doivent d’être des vitrines de la réalité locale et des préoccupations citoyennes. Aussi, depuis toujours le documentaire interroge le monde et devient un outil de réflexion et le lieu d’expression d’une parole libre, comme l’explique Thierry Garrel réalisateur et ancien directeur de l’unité de programmes documentaires d’Arte :

« En réponse à la crise des valeurs humanistes et la fin des utopies dont il a fallu faire le deuil, le documentaire est désormais le lieu de nouvelles interrogations de l’homme par l’homme. Pas pour asseoir des certitudes mais pour reformuler à l’échelle de microcosmes humains les questions essentielles de la vie»  T. Garrel, Juste une Image, Jeu de Paume, Paris, 2000

Depuis cette année le Learning Centre SophiaTech organise des ciné-débats ouverts à tous. Ces projections sont l’occasion de s’informer, d’échanger des idées et de s’ouvrir sur le monde.

En novembre dernier, dans le cadre du Mois du film documentaire, nous diffusions le film de Nathanaël Coste et Marc de La Ménardière « En quête de Sens ». A cette occasion nous recevions Thierry Long, enseignant-chercheur en sciences humaines et sociales à l’Université Nice Sophia-Antipolis, travaillant principalement sur les questions d’éthique et d’éducation, et Damien Bazin, Maître de Conférences HDR en sciences économiques à l’université de Nice Sophia-Antipolis dont les recherches portent sur les questions de développement socialement durable et d’éthique économique.

Le 13 avril prochain nous proposons le film d’Anne Poiret « Bienvenue au Réfugistan » (2016), édifiant documentaire sur le sort des réfugiés à travers la planète. La réalisatrice s’est plongée dans la réalité de ces lieux, de ces sortes de « nations d’exilés » gérées par le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés.

Le sujet est plus que d’actualité puisqu’en vingt ans le nombre de réfugiés a été multiplié par deux, et ce documentaire interpelle une fois de plus sur la nécessité de repenser les solutions politiques à apporter aux crises migratoires. C’est au total 17 millions de personnes (soit la population des Pays-Bas) qui vivent dans ces camps, ces lieux à l’écart du monde, ni tout à fait prisons ni tout à fait ouverts, censés être provisoires.

 

« Bienvenue au Réfugistan », ARTE France, Quark Productions.

 

Le film a été primé cette année au FIGRA (Festival International du Grand Reportage d’Actualité et du Documentaire de Société) au Touquet. Le débat sera animé par Aurore Mottet, doctorante à l’URMIS, laboratoire de recherche sur les migrations et les relations interethniques.

Nous vous attendons nombreux.

Lieu : Learning Centre SophiaTech, Bâtiment Forum, 450 route des Chappes, 06410 Biot.

DSM-V : Vol au dessus d’un nid de questions

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Référencer et classifier les troubles mentaux et organiser un langage unique pour l’ensemble des professionnels de la santé mentale, tel est l’objectif du DSM (Diagnostic and Statistical Manuel of Mental Disorders), le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, élaboré par la Société Américaine de Psychiatrie (APA).

La dernière version (la cinquième) de cette « bible » de la psychiatrie fait l’objet de nombreux débats et critiques, et tout particulièrement l’emprise des laboratoires pharmaceutiques sur les spécialistes chargés de sa rédaction, et l’élaboration de classifications arbitraires et sans fondement scientifique des « maladies ».

dsmill

Deux aspects du DSM-V sont notamment à retenir :

  • Nouvelles maladies : de nouveaux troubles mentaux font leur apparition dans cette cinquième version du DSM. Depuis la tristesse extrême après un décès jusqu’au grattage de la peau du visage (dermatillomanie), tout semble motif à diagnostiquer (et soigner…) des dispositions assez naturelles en somme.
  • Cotation des symptômes : la version antérieure du manuel (DSM-IV) catégorisait les symptômes en 5 axes (Axe 1 : troubles cliniques – anxiété – …, Axe 2 : troubles de la personnalité, etc…). La nouvelle version propose de les coter sur une échelle de sévérité. Les détracteurs dénoncent alors une ouverture vers de nouveaux marchés car, à chaque palier de l’échelle, le DSM-V fait correspondre un médicament.

Alors, faut-il se passer du DSM-V ? Difficile… Pourtant, il faut savoir que des alternatives existent, avec d’autres critères :

– Classification du Pr. Misès : Classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent – R-2012 (CFTMEA). 5e édition. EHESP, 2012

– Le P.D.M. américain : The Interdisciplinary Council on Development and Learning (ICDL), 2006

– L’ Operationalized Psychodynamic Diagnosis (OPD-2) allemande (Hogrefe & Huber Publishers, 2008).

 

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