La Médiathèque de Cannes

La Médiathèque de Cannes et son parc. Photo E. Rauzy

En février l’équipe Sudoc-PS s’est rendue à la Médiathèque de Cannes pour découvrir le lieu et former les collègues sur place à l’outil de signalement Colodus.

La médiathèque est installée dans la somptueuse Villa Rothschild qui fut construite entre 1881 et 1882 pour la baronne Betty de Rothschild, selon les plans de l’architecte Charles Baron. Un magnifique parc aux essences rares entoure la villa.

Pendant la Seconde guerre mondiale, l’endroit a été réquisitionné par les troupes allemandes. En 1947 la ville de Cannes achète la villa pour y installer la bibliothèque municipale, qui deviendra médiathèque. Le parc et la villa ont été classés au titre des Monuments historiques en 1991 et inscrits à l’inventaire général du patrimoine culturel. Aujourd’hui, les terrasses et jardins de la médiathèque peuvent être loués pour l’organisation de réceptions ou d’évènements culturels.

A l’intérieur de la villa, les anciens salons de réception, au rez-de-chaussée, sont devenus les salles de lecture et les appartements privés à l’étage abritent la discothèque, la vidéothèque et les bureaux. De vastes magasins ont été aménagés au sous-sol.

Les documentaires et ouvrages de littérature sont prêtables pendant 4 semaines pour les inscrits. Dans la salle de lecture, les ouvrages dans toutes les disciplines et les ouvrages généraux (dictionnaires, encyclopédies) sont en consultation gratuite sur place. La presse d’actualité et de loisirs (à peu près 100 abonnements vivants) se trouve à l’est du bâtiment, dans le jardin d’hiver. Certains titres sont prêtables, hormis les 2 derniers numéros. La médiathèque possède également les journaux officiels depuis 1928 sur microfiches et les périodiques locaux du XIXème et début du XXème siècle sur microfilms.

Une soixantaine de places de travail sont disponibles au rez-de-chaussée (avec la connexion wifi). En effet, de nombreux étudiants profitent de ces lieux chaleureux pour réviser. En outre, un espace public numérique de 15 postes est ouvert aux usagers inscrits. Et il ne faut pas oublier la section jeunesse avec un petit local pour organiser des ateliers.

A la vidéothèque, plus de 9000 films peuvent être empruntés ou visionnés dans la salle de projection sur grand écran (pour les titres avec des droits de consultation). Quant à la discothèque, elle est ouverte deux jours par semaine et organise une fois par mois des concerts de « jeunes talents » en collaboration avec la Maison des jeunes et de la culture (MJC) Picaud.

L’espace Presse de la Médiathèque de Cannes. Photo E. Rauzy

Au sous-sol, la réserve des livres précieux abrite des ouvrages qui font la fierté de la médiathèque : l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, Description de l’Égypte, des livres d’artistes (Arman, Nivèse), etc.

La médiathèque fait partie d’un réseau : en plus de la Médiathèque Noailles, il y a aussi d’autres bibliothèques de quartiers (Médiathèque Ranguin, Médiathèque de la Verrerie, Bibliothèque – Médiathèque Romain Gary, Bibliothèque de la Frayère et le Médiabus). Une cinquantaine de personnes travaillent dans ces structures, dont 25 à la Médiathèque Noailles.

Nous remercions vivement Katia Pavigna, Mireille Grandhomme et le reste de l’équipe pour leur accueil chaleureux et la visite des lieux. Nous espérons qu’ils pourront mettre à profit leur formation Colodus en travaillant sur la mise à jour des états de collection de leurs périodiques dans le Sudoc.

 

La nouvelle banque d’images de la BnF

Chemins de fer PLM. Hiver à Nice / F. Hugo d’Alési, 1896. Crédit : Bibliothèque nationale de France.

Explorez toute la richesse des collections iconographiques de la Bibliothèque nationale de France sur un seul site dédié : Banque d’images – BnF

Estampes, photographies, manuscrits, enluminures, dessins, gravures, cartes anciennes… mais aussi de nombreuses œuvres sous droits des plus grands artistes du XXe siècle : plus d’1 million d’images sont disponibles ! En évolution constante, cette base s’enrichit au fur et à mesure des travaux de numérisations de la BnF. Un service de numérisation à la demande est d’ailleurs disponible pour les images encore inédites.

Différents modes de recherche sont proposés : simple ou avancée, ou par thématiques (littérature, géographie, histoire, politique, sciences et techniques, etc). La rubrique Évènements accompagne plusieurs grandes expositions ou thématiques de l’année, en proposant une iconographie complémentaire issue des collections BnF. La rubrique Nouveautés expose des portfolio plutôt axés sur des artistes choisis.

La BnF propose également des services associés à cette banque d’images, à destination des personnes qui souhaitent les utiliser pour la réalisation d’expositions ou tout autre projet qui nécessite une iconographie. La réutilisation de ces images est payante pour les professionnels, mais l’utilisation non commerciale ou dans le cadre d’une publication académique ou scientifique n’est pas soumise à redevance (la mention de source reste cependant obligatoire).

Bonne exploration !

Chemins de fer Paris Lyon Méditerranée : Menton / F. Hugo d’Alési, 1904. Crédit : Bibliothèque nationale de France.

 

La bibliothèque du Muséum d’Histoire naturelle de Nice

C’est avec plaisir et curiosité que nous avons découvert cette bibliothèque spécialisée au sein du Muséum d’Histoire naturelle de Nice. Une petite équipe travaille à rendre cette bibliothèque vivante, organisée et précieuse.

Joëlle Defaÿ est LA spécialiste des collections. Bénévole retraitée, elle connaît sur le bout des doigts l’organisation et le classement de cette bibliothèque dont les collections les plus anciennes datent de 1840-1850. On peut prendre rendez-vous avec elle afin d’accéder aux collections.

Jean-Nicolas Magnan-Berchier est actuellement responsable du catalogue de la BMVR. Il vient chaque jeudi matin au Muséum s’occuper uniquement des périodiques : bulletinage et signalement dans Aloès (le SIGB de la BMVR de Nice) ainsi que dans Colodus. Jean-Nicolas a travaillé par le passé au Muséum d’Histoire naturelle de Marseille et son approche et sa connaissance de ces collections spécifiques sont très utiles.

Olivier Gerriet est le responsable des collections du Musée. Fin connaisseur et utilisateur de la bibliothèque, il édite avec Joëlle Defaÿ deux revues :

Les Annales du Muséum d’Histoire Naturelle (issn 0336-4917) : imprimée à 150 exemplaires, cette revue traite essentiellement de géologie et d’histoire locale.

Biocosme mésogéen (issn 0762-6428) : imprimée à 650 exemplaires, son thème principal est l’écologie du pourtour méditerranéen.

Revues éditées par le Muséum d’histoire naturelle de Nice [photo A. Pandelé]

Les collections de périodiques de cette bibliothèque sont pour l’essentiel issues d’un système de dons et d’échanges avec des revues de biologie et de géologie du monde entier : on compte environ 150 échanges. Pour le reste, un budget est accordé pour des abonnements courants à une vingtaine de revues.

Par ailleurs, Lætitia Rodmacq (en charge de la bibliothèque de botanique) et Michèle Gonin ont pour mission le catalogage et le référencement des livres respectivement de botanique et ouvrages particuliers.

On compte plus de 100 000 ouvrages et tirés-à-part, dont un fonds important donné par un chercheur concernant les espèces de Mayotte, Madagascar, et Futuna.

 

Dictionnaire de l’Académie française : la 9e édition est en ligne

Crédit ill. Académie française

Pour un beau voyage linguistique… L’Académie française propose un portail sur lequel tout un chacun peut consulter la toute dernière édition de son Dictionnaire (9e édition, en voie d’achèvement), mais aussi les 8 autres éditions précédentes. Le public a ainsi accès sur un même site à l’ensemble de l’entreprise lexicographique menée par l’Académie depuis 1694, et donc à l’évolution de la définition et des usages d’un mot.

La 9e édition du Dictionnaire, que plus d’un demi-siècle sépare de l’édition précédente, a connu un formidable accroissement du vocabulaire lié au développement des sciences et des techniques, à l’évolution des mœurs et des modes de communication. Ceci représente un ajout d’environ 28 000 mots par rapport à la huitième édition !

L’introduction des termes nouveaux issus du vocabulaire spécialisé se fait toujours selon la même règle : ne figurent dans notre Dictionnaire que les termes qui, du langage du spécialiste, sont passés dans l’usage courant et appartiennent à la langue commune.

Le nouveau portail propose également différents outils linguistiques intéressants, ainsi qu’une nouvelle rubrique intitulée « Dire, Ne pas dire », où les Académiciens donnent chaque mois leur sentiment sur les fautes, les ridicules et les tics de langage les plus fréquemment observés dans le français contemporain.

 

Retour sur la 7e Journée annuelle du Sudoc-PS Paca/Nice (novembre 2019)

Le musée Masséna (Nice). Photo Jean-Pierre Dalbéra, Wikimedia Commons, CC-BY-2.0

La 7e Journée annuelle du Centre du Réseau Sudoc-PS PACA/Nice s’est déroulée le mardi 5 novembre dernier. Nous étions reçus par la Bibliothèque du Chevalier de Cessole, installée dans les locaux du Musée Masséna à Nice. Toute l’équipe sur place s’est fortement mobilisée pour organiser l’accueil des membres du réseau et nous faire découvrir ce lieu magnifique.

La bibliothèque du Chevalier de Cessole étant particulièrement riche en unicas et presse locale ancienne, les collègues ont partagé leur expérience de traitement et de valorisation de ces fonds précieux. Retrouvez ici leur présentation des collections de périodiques et leur travail de recensement. Elles repèrent également les titres qui pourraient faire l’objet d’une numérisation, par exemple la revue Mediterranea. Cette belle revue a été plus spécifiquement présentée par notre collègue Dominique Laredo (SCD de Nice) qui a publié à ce sujet un article accessible en ligne.

L’application Unica/Presse locale ancienne, développée par notre collègue Géraldine Geoffroy et le Centre du Réseau Sudoc-PS, a été dévoilée aux participants. Cet outil de visualisation et d’amélioration des données de signalement est désormais accessible en ligne. Une page dédiée sur notre blog résume toutes les informations la concernant. Retrouvez aussi ici la présentation de Géraldine Geoffroy sur la genèse de l’appli et son fonctionnement.

Les participants ont pu manipuler ce nouvel outil d’exploration des données au cours d’un atelier. Nous en avons profité pour noter les suggestions d’améliorations, toujours les bienvenues (n’hésitez pas à nous contacter par mail).

Au cours de la journée, les participants ont également bénéficié de 2 visites guidées pour découvrir les trésors de la bibliothèque du Chevalier de Cessole, ainsi que les collections permanentes du Musée Masséna qui l’héberge.

Notre enquête de satisfaction est toujours accessible en ligne. Merci à celles/ceux qui l’ont déjà complétée pour vos commentaires utiles et positifs, et vos souhaits de thématiques à aborder pour une prochaine Journée Sudoc-PS.

Toute l’équipe du Centre du Réseau Sudoc-PS Paca/Nice remercie les collègues qui nous ont accueillis si chaleureusement. La journée a rassemblé 62 participants venus de 30 établissements des Alpes-Maritimes, du Var et de Monaco. Nous espérons vous retrouver tout aussi nombreux lors de notre prochaine édition en 2020 !

Les participants 2019 (photo A. Pandelé)

L’application Unica / Presse locale ancienne est désormais accessible

L’application Unica/Presse locale ancienne a été dévoilée lors de la 7e Journée du réseau Sudoc-PS Paca/Nice.

Pour faciliter son accès et son utilisation, nous lui avons consacré une page spécifique sur notre blog, à côté des autres outils Colodus et Cidemis. Vous pouvez dès à présent la consulter.

Développée en interne, cette application permet d’explorer directement les données des collections de périodiques du Centre du Réseau Sudoc-PS PACA/Nice.

Elle a plusieurs finalités :

  • Valoriser les collections anciennes et/ou rares des bibliothèques du CR
  • Permettre aux établissements du réseau de lister leurs unicas (= les titres conservés dans un seul établissement)
  • Rechercher facilement les titres de presse locale ancienne conservés dans les centres documentaires appartenant au CR
  • Améliorer la qualité des données de ces collections spécifiques, en donnant à voir les manques dans les notices bibliographiques (absence d’ISSN, notamment)
  • Exporter les données sous forme de tableaux Excel
  • Visualiser les liens entre les bibliothèques et les collections sous forme de graphes

Enfin, des liens cliquables permettent de rebondir sur le catalogue national Sudoc, sur le site Presse locale ancienne de la BnF ou de renvoyer vers des numérisations existantes.

Suite à l’atelier de manipulation de la Journée du réseau, nous allons travailler à intégrer les améliorations suggérées.

Bonne exploration !

 

7e Journée du réseau SUDOC-PS Paca/Nice, le mardi 5 novembre 2019

A vos agendas ! La 7e Journée des bibliothèques du réseau SUDOC-PS du Centre régional PACA/Nice aura lieu le mardi 5 novembre 2019, de 9h à 16h. Vous êtes cordialement invité·e·s à participer à cette journée d’information et d’échanges sur les actualités du Centre Régional et nos pratiques professionnelles.

Cette année c’est la Bibliothèque du Chevalier de Cessole qui nous accueille, au sein du Musée Masséna, 65 rue de France à Nice. La journée se partagera entre informations professionnelles, ateliers pratiques, et visites guidées. Afin de faciliter l’organisation de cette rencontre, merci de bien vouloir confirmer votre participation en complétant le formulaire d’inscription en ligne avant le 6 octobre.

Le musée Masséna (Nice). Photo Jean-Pierre Dalbéra, Wikimedia Commons, CC-BY-2.0

Déroulement de la journée :

9h00 : Accueil des participants à la Villa Masséna autour d’un petit-déjeuner.
9h30 : Début des interventions, introduction de la Journée.
10h00 : Intervention autour du traitement des périodiques de la Bibliothèque du Chevalier de Cessole et du projet de numérisation de la revue Mediterranea.
10h30 : Démonstration de l’application du Sudoc-PS pour la visualisation des données et le signalement des unicas et de la presse locale ancienne.

11h15 : Pause café

11h30 – 12h15 : 3 groupes en alternance participeront aux activités suivantes :
* Atelier de manipulation de l’application Unicas/Presse locale ancienne
* Visite guidée de la Bibliothèque du Chevalier de Cessole et ses réserves
* Visite guidée du Musée Masséna et ses collections permanentes

12h30 – 14h : Pause déjeuner (buffet offert).

14h-14h45, puis 15h-15h45 : reprise des 3 groupes du matin en alternance : atelier de manipulation de l’application, et visites guidées. Au fil de la journée chaque groupe suivra l’atelier de manipulation et les 2 visites.
16h : Fin de la Journée.

◊ Accès en transports publics : tramway ligne 2, arrêt Alsace-Lorraine. Parking (payant) : Palais Masséna. Voir ici l’ensemble des transports en commun disponibles aux alentours.

◊ N’hésitez pas à nous contacter pour toute demande de renseignements complémentaires.

 

Mir@bel

Logo Mir@bel (via Wikipedia.org)

Le réseau Mir@bel

Créé en France en 2009 par des professionnels des bibliothèques et de la documentation, Mir@bel (pour « Mutualisation d’informations sur les revues et leurs accès dans les bases en ligne ») a pour vocation de valoriser les contenus de périodiques scientifiques accessibles en ligne gratuitement, principalement en SHS. Pour chaque revue, Mir@bel propose des liens vers le texte intégral en ligne, les sommaires, les résumés ou l’indexation des articles et vous permet de rebondir sur de nombreux sites complémentaires.

Projet vivant, évolutif, mêlant veille documentaire partagée et récupération automatique à la source, ce corpus de revues évolue également, à l’image du réseau. Il recense à ce jour plus de 6000 revues. Les modes de recherche classiques sont proposés, mais aussi thématiques par discipline, chronologie, ou géographie.

Projet collaboratif

Un réseau d’institutions partenaires assure la veille collaborative et le traitement des données sur les revues. Les partenaires formalisent leur engagement dans le réseau en signant une Convention de partenariat. Le réseau Mir@bel souhaite poursuivre son développement et accroître le nombre de revues répertoriées en s’ouvrant à de nouveaux partenaires en France et dans le monde (appel à partenariat).

Dès les débuts de Mir@bel, des partenariats ont également été mis en place avec les principaux portails de revues francophones en sciences humaines et sociales. Par ailleurs, depuis 2017 des partenariats sont également proposés aux éditeurs (communiqué).

Au total, 125 professionnels de l’information interviennent directement pour mettre à jour les données de Mir@bel.

 

Enrichir et faire parler les données du CR (4/5) : passage par la case modélisation

Début mars 2019 s’est tenu à Berlin un Workshop du W3C autour de la structuration des données en graphe et de leur intégration dans le web. Présentée ainsi, la problématique paraît triviale puisque le W3C est justement l’organisme qui gère et promeut ce qu’on appelle le web de données, c’est-à dire l’adoption des standards de la modélisation en RDF (qui est par nature un graphe) pour « pousser », lier et ouvrir les données sur le web. En fait, ce Workshop est le résultat d’un constat : d’une part il y a les modélisations de type web de données donc, avec leurs univers de données identifiées par des URIs sémantiquement décrites et connectées entre elles grâce à des ontologies (et il est vrai que le Linked Open Data Cloud ne cesse de s’étendre), mais à côté on constate également l’utilisation croissante par des acteurs divers et variés (économiques, institutionnels…)  de bases de données non-relationnelles dites orientées graphe dans des logiques de curation et visualisation de données décorrélées des problématiques du web.

De quoi s’agit-il ? Il s’agit de structurer ses données comme un ensemble de noeuds (dotés d’attributs sous forme de paires clé-valeur pour les décrire) liés entre eux par des relations (elles-mêmes qualifiées par d’autres attributs) , tout en étant complètement libre dans la détermination des entités, du type de leurs liens et de la nature de leurs propriétés*. Ces modélisations dites de type property graph, jugées à l’usage très performantes pour traiter des masses exponentiellement croissantes de données plus ou moins structurées (le fameux Big Data, qui s’ouvre désormais aux objets connectés !), répondent donc à un besoin auquel la modélisation type RDF répond mal :

  • de la flexibilité et de la souplesse dans la création et l’annotation des entités et de leurs connexions,
  • un stockage des données de ce fait optimisé par des graphes beaucoup moins verbeux,
  • des langages d’interrogation spécifiques à chaque base de données mais relativement simples (toujours plus simples que du SPARQL de toute façon !) et très puissants pour parcourir des chemins dans le graphe.

On comprend donc mieux la teneur du Workshop qui visait en fait à établir des ponts entre deux technologies, l’une dédiée à l’ouverture et l’échange de données, l’autre au stockage et à la navigation dans les données, mais utilisant toutes deux des modélisations en graphe (en sous-texte, « ça sent le roussi » pour le RDF qui pour x raisons reste une technologie de niche, tandis que parallèlement se développe le property graph pour des raisons de pragmatisme et d’efficience).

Pour donner une idée de la diversité des cas d’usages où l’approche property graph se révèle pertinente, on peut mentionner le Consortium International des Journalistes d’Investigation qui a travaillé sur les Panama papers en recourant à une base de données orientée graphe, et ce dans une démarche heuristique pour mettre à jour les connexions dans les 11,5 millions de documents non-structurés qui avaient fuités. Pour ceux que cela interesse, une brève news ici et un billet plus complet ici 

Et donc ??? Pourquoi cette loooongue introduction et quel est le rapport avec l’application sur les données de périodiques du CR dont on vous parle depuis 3 billets maintenant (sachant qu’à l’échelle du CR on ne se trouve pas vraiment des problématiques de Big Data) ?

Le lien se trouve dans la modélisation : nous en étions à la fin du billet précédent sur une mini app en tant que preuve de concept sur les données des unicas, il s’agit maintenant de passer à l’échelle sur l’ensemble des données d’unicas et de presse locale au niveau du CR, et de construire les traitements de données au coeur de l’application, afin de créer et automatiser les workflows qui permettront de passer de listing de données issus du Sudoc et du catalogue général de la BnF à une interface web où chaque bibliothèque du réseau pourra visualiser et interroger ses collections, et disposer des métadonnées. La difficulté de l’exercice tient alors à la variabilité des périmètres (CR/RCR) et la multiplicité des sources d’enrichissement des données. En effet, si les trois sources primaires sont bien identifiées et (manuellement mais) facilement récupérables :

Il faut ensuite requêter plusieurs services d’exposition des données mis à disposition par l’Abes et la BnF pour construire le corpus de métadonnées (ce billet précédent détaille par exemple une méthode d’interrogation de web services et de traitement des résultats dans Excel pour les unicas *)

*A noter qu’entre temps un nouveau web service a été mis en place par l’Abes qui permet d’obtenir les notices complètes en Unimarc/Xml à partir de l’extension .xml ajoutée aux urls pérennes du Sudoc (par exemple https://www.sudoc.fr/156143453.xml), plutôt que les notices incomplètes exposées en RDF. A noter également que désormais les champs ISSN sont exposés dans les notices. Gros avantage enfin, outre la complétude des données bibliographiques, les données d’exemplaires sont également délivrées en fin de notice, ce qui à première vue économise des appels au web service multiwhere pour retrouver les bibliothèques localisées sous les notices. Mais à première vue seulement, car les données d’exemplaires ne contiennent « que » le rcr des bibliothèques : si l’on souhaite des données plus riches (nom et géolocalisation de l’établissement), il faut de toute façon revenir à l’API multiwhere, puisqu’il n’existe pas (à ma connaissance tout du moins) de web service permettant d’obtenir des notices RCR en Unimarc/xml à partir du numéro RCR (les accès aux web services d’Idref qui exposent les données d’autorités en Unimarc/xml se font sur la base du ppn).

 

Ce qui donne schématiquement si on se concentre sur le côté traitement de données :

mais qui n’est qu’une partie du schéma global du projet :

 

Il s’agit donc de trouver la modélisation, le stockage et le chaînage des traitements de données adéquats qui permettent de déterminer précisément le périmètre des unions et intersections entre « blocs de données » représentés par les cercles au centre du schéma, autrement dit de trouver un moyen de pouvoir répondre aux questions à la fois au niveau global du CR et particulier de chaque RCR : combien unicas ? Parmi ceux-ci quelles notices n’ont pas d’ISSN et peuvent faire l’objet d’une demande via Cidemis ? Quelle est la répartition territoriale et par bibliothèque des titres de presse ? Parmi les titres de presse concernant les AM, lesquels sont également des unicas ? Quels sont les unicas détenus par les bibliothèques monégasques pour lesquels une version numérisée est accessible ? Bref, comment NAVIGUER dans les données ?

C’est ici que l’on retrouve nos graphes : quand il s’agit de parcours dans les données, autrement dit ici de requêtes croisées entre sources distinctes, il est avantageux de sortir de la logique relationnelle de jointures entre fichiers plats et de passer à une modélisation type graphe. Ainsi, en décidant d’adopter une base de données orientée graphe (Neo4j en l’occurence) basée sur une modélisation property graph, le coeur du travail consiste à bien déterminer (et ce en fonction des questions auxquelles on veut pouvoir répondre) :

  • les types d’entités à modéliser (les noeuds du graphe et leurs attributs),
  • les liens entre les entités et les propriétés (caractéristiques) de ces liens,
  • parmi ces connexions, celles que l’on connait de par la structure des sources de données, et celles que l’on crée dans la base de données par algorithme d’alignement entre noeuds.

Si on « recolle » à nos données Sudoc et BnF, voici ce que cela donne en substance :

– on créé des noeuds de type Bibliothèques qualifiés par des attributs de nom, RCR, latitude et longitude et des noeuds de type unicas caractérisés par quelques éléments extraits de la notice Sudoc (titre, ppn, issn, zone 309) ; ces noeuds peuvent être connectés par une relation illustrant la localisation du périodique, ce lien étant créé à partir à partir du web service multiwhere.

– On créé également des noeuds représentant les titres de presse locale définis par les métadonnées de titre, identifiant ark et issn; on définit une relation d’équivalence « same_as » avec les noeuds unicas quand l’attribut issn est le même.

– On ajoute des noeuds qui représentent les versions numérisées des titres de presse locale quand le champ correspondant est présent dans la notice Unimarc/xml renvoyée par le SRU de la BnF, et on les relie aux noeuds de type presse locale ancienne représentants les versions imprimées

– etc…

[Cliquer sur l’image pour voir l’animation]

Voilà pour le modèle de données… Évidemment l’alimentation du graphe dans la base de données ne s’effectue pas manuellement, l’ensemble du workflow est automatisé (notamment pour faciliter les mises à jour et favoriser la reproductibilité du processus). La démarche est la suivante :

  • on effectue un chargement initial à minima dans la base de  données en important uniquement les listes de ppn d’unicas et d’ark de presse locale,
  • on automatise les enrichissements (ajouts des attributs et des liens) par des requêtes aux API précédemment explicitées directement dans la base de données (grâce à une librairie de fonctions et procédures nommée Apoc intégrée comme un plugin à Neo4j). La succession des requêtes utilisées en langage Cypher est disponible sur ce Gist https://gist.github.com/gegedenice/c7e53cc4c3d65b8bc1639d4b55a90be6,
  • on développe l’application au-dessus de la base de données pour proposer une interface web de visualisation et redistribuer les données du graphe par des API et des exports en Excel.

Voici un extrait du graphe final dans l’interface graphique de la base de données qui illustre exactement à quel point la dimension exploratoire est facilitée dans ce genre de visualisation et comment elle aide à mettre à jour des connexions qu’il serait extrêmement laborieux de mettre en évidence par des techniques plus classiques de jointures.

Au centre de l’image, le noeud jaune représente un unica (la Revue de Cannes), périodique également référencé comme un titre de presse locale ancienne (le noeud vert) concernant le département des Alpes-Maritimes (le noeud bleu) ayant fait l’objet d’une numérisation aux Archives municipales de Cannes (le noeud rose), mais dont la collection papier est détenue à la BM de Toulon (le noeud rouge).

 

Et la version web complète proposée dans l’application :

 

Comme prévu initialement, au-delà de la pure visualisation de parcours de graphe, l’application proposera des fonctionnalités de redistribution des données à destination des bibliothèques s’appuyant sur les traitements et appariements réalisés dans la base de données

Sous forme d’API

(avec des urls paramétrables pour spécifier le rcr voulu)

Par export Excel Intégration de widget

sur une page web

 

 

Quelques infos pratiques pour conclure (enfin !) en légèreté après cette avalanche de points techniques :

  • l’application ouvrira en production à la rentrée universitaire 2019, elle sera présentée dans le détail lors de la prochaine journée annuelle du réseau le 5 novembre à la Bibliothèque du Chevalier de Cessole
  • A la demande de l’Abes, nous l’avons déjà présentée le 27 mai 2019 à l’occasion de la journée Sudoc-PS qui se tient traditionnellement chaque année en marge des Journées Abes (programme). Le PowerPoint de notre présentation est accessible en ligne ici.
  • Comme mentionné dans le billet, le code des requêtes utilisées pour alimenter le graphe est déjà disponible ici, le reste du code de l’application sera évidemment déposé en open source à l’ouverture.

 

* les seules conditions à remplir sont que le graphe doit être orienté et les nœuds labellisés

 

Découvrez l’Espace de l’Art Concret à Mouans-Sartoux

Espace de l’art concret (Photo Sudoc-PS)

L’équipe Sudoc-PS a visité fin mars un établissement intéressé par l’intégration au réseau Sudoc-PS : la bibliothèque de l’Espace de l’art concret à Mouans-Sartoux. Nous avons été accueillis par Christine Jouffroy, chargée du fonds documentaire.

L’Espace de l’Art Concret (l’eac) a vu le jour grâce à la générosité de deux collectionneurs suisses : Gottfried Honegger et Sybil Albers. Commençant à collectionner des œuvres d’art dans les années 1960, ils mettent leur collection à disposition du public à partir de 1990, dans le château de Mouans-Sartoux.  Au début des années 2000, ils poursuivent leur action philanthrope en faisant le choix de donner leur collection à l’État français. A cette occasion, un nouveau bâtiment est construit à proximité du château du XVe siècle, dans l’enceinte du parc. Il est inauguré en 2004. A la donation Albers-Honegger s’ajoutent les donations d’Aurélie Nemours, de Gilbert Browstone et de plusieurs autres artistes. La collection compte plus de 700 œuvres représentatives des multiples tendances de l’art concret et l’abstraction géométrique.

Selon les vœux de Gottfried Honegger, l’eac n’est pas seulement un lieu de conservation et de valorisation des œuvres, mais également un lieu de recherche, de rencontre, d’éducation et de sensibilisation à l’art de notre temps. Dans cette optique, l’eac organise des ateliers pédagogiques et permet également aux artistes de résider et créer sur place.

Le fonds documentaire de l’eac est constitué d’environ 10 000 ouvrages et se veut exhaustif concernant l’abstraction géométrique. Mais il cherche à s’élargir aux arts plastiques dans toute leur diversité y compris dans le domaine de l’architecture, de la photographie, de la mode, du design etc.

Au départ il a été constitué avec les monographies et les catalogues d’expositions acquis par Sybil Albers et Gottfried Honegger. Par la suite il s’est enrichi par les dons d’artistes et des acquisitions régulières (notamment lors de la préparation de nouvelles expositions). A partir de 2004, une politique d’échanges de publications a été mise en place avec les centres de documentation, les centres d’art, les fondations et les écoles d’art.

A part les ouvrages généraux sur l’art des XXe et XXIe siècles et les catalogues d’expositions, le fonds contient aussi des livres d’artistes, des ouvrages rares et précieux, des documents audio-visuels et des abonnements de presse spécialisée (L’Œil, Journal des Arts, Art Forum, Art Press, etc.).

Christine Jouffroy constitue en outre des dossiers documentaires sur des artistes de la collection Albers-Honegger. Ils contiennent, entre autres, les dossiers de presse et les dossiers pédagogiques d’expositions monographiques, la biographie, la bibliographie, la filmographie, les articles de presse collectés – en bref toutes sources documentaires disponibles sur l’artiste. Elle consacre quelques heures par jour à la bibliothèque partageant son temps de travail pour l’accueil du public et la médiation avec le reste de l’équipe. Actuellement, 14 personnes travaillent à l’eac.

Le catalogue des collection de l’eac est informatisé, on peut faire des recherches via le catalogue de la médiathèque de Mouans-Sartoux. En passant par la recherche avancée, il est possible de sélectionner directement le site de l’Espace de l’art concret. Le fonds est ouvert à tout public sur rendez-vous (en s’adressant à christine@espacedelartconcret.fr ) et consultable uniquement sur place.

Nous remercions chaleureusement Christine Jouffroy pour son accueil et espérons travailler bientôt avec la bibliothèque de l’eac dans le réseau Sudoc-PS.

Le château de Mouans-Sartoux, qui accueille l’Espace de l’art concret dans son parc (photo Sudoc-PS)

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